Tout le monde a la définition de son job de rêve, celui pour lequel on serait prêt à tout lâcher et bien sûr, on n’imagine pas que l’occasion pourrait se présenter pour de vrai de se lancer. Et quand c’est bien le cas, quand l’opportunité se présente, est-ce qu’on ferait demi-tour ? Est-ce qu’on serait vraiment prêt à tout quitter ? Je suis aujourd’hui confrontée à ces questions.

 J’ai en effet repéré une offre de travail en Islande – rien que ça – dans mon domaine de compétences et mes affinités. Et depuis je me pose la question : je me lance ? Une partie de moi en a très envie. Cette partie de moi qui a trouvé une sorte de paix en Islande, qui a adoré ce pays et ses paysages tout comme sa façon de vivre. Qui adore pouvoir partir tous les week-ends vivre une grande aventure, et tout simplement vivre dans un endroit qui lui permette de se dépayser et de se changer les idées sans avoir besoin d’aller au bout du monde. Là ou tellement de personnes de mon entourage prendraient comme une punition d’aller s’exiler en Islande (« il fait pas beau », « y’a rien qui s’y passe », « c’est bien pour les vacances mais pour y vivre, faut pas déconner »), moi je le prendrais comme un privilège. Je sais que ce genre de pays est fait pour moi, bien plus que la France ou d’autres destinations de rêve.

Mais une autre partie de moi est beaucoup plus craintive car elle a expérimenté ce que ça fait de « tout quitter pour chercher bonheur ailleurs », et plus précisément en Auvergne. De mes deux ans en Auvergne, je garde beaucoup de bons souvenirs, des randonnées géniales, le plaisir d’avoir l’aventure à portée de main, des rencontres, des amitiés, des déconvenues, des mauvaises surprises. Il y a eu un moment ou j’ai du me poser la question : soit je fais ma deuxième année de master ici et je fais ma vie à Clermont-Ferrand, soit je rentre. J’ai pesé le « pour », le cadre, le mode de vie que j’aimais, le fait d’habiter dans une ville qui me ressemblait à 100%, quelques bonnes copines, une grosse amitié. J’ai pesé le « contre », l’absence de repères, l’impression que je n’avais pas vraiment trouvé ma place là-bas, l’équilibre dont j’avais besoin dans mes relations. Une conclusion s’est imposée, une conclusion que vous aurez déjà entendu quelque part : « Happiness is only real when shared », j’étais bien trop déracinée là-bas pour pouvoir vraiment m’épanouir comme je le souhaitais. Je suis rentrée, j’ai mis du temps pour retrouver un équilibre, j’ai enfin trouvé une stabilité. Aujourd’hui encore, je ne regrette pas d’être « rentrée ».

 

Pas mal de choses me manquent de Clermont-Ferrand, j’y ai laissé certaines choses avec difficulté, mais je n’en garde que le meilleur, et je recommanderais à n’importe qui d’y vivre. Mais j’ai compris que mon équilibre social était plus important que de vivre dans une « ville de rêve ». Et à fortiori, dans un « pays de rêve » ?

 

Je pense quand même candidater à ce poste. Histoire de ne pas dire « j’ai vu passer le job de mes rêves et je n’ai même pas eu le cran d’envoyer ma candidature ». Mais j’ai comme l’impression que j’ai déjà répondu à la question « Est-on vraiment prêt à tout pour le job de rêve », et que ma réponse est « non ». Mais en même temps, je n’aime pas que ce soit la peur qui réponde à ma place. Que ce soit elle qui me souffle à l’oreille « Non, tu es bien à Lille, tu ne vas pas prendre le risque de ne pas retrouver des relations tout de même, en plus, si tu quittes ta situation, tu aurais du mal à retrouver aussi bien quand tu rentreras, rappelle toi de ta galère pour trouver un appart en revenant de Clermont, t’étais au bord de rien trouver ». Je n’aime pas avoir perdu cette folie qui m’a poussé à dire « j’y vais, je sais qu’il y a une partie de moi qui m’attend en Auvergne » et à tout lâcher de ma vie en moins de trois semaines il y a quelques années. Ah, ça aurait été tellement plus facile si mes parents n’avaient pas déménagé dans le Nord dans mon enfance, j’aurais grandi à Riom et j’aurais probablement fini par avoir mon premier appart’ à Clermont-Ferrand, dans la « grande » ville ^^

Et vous, seriez-vous vraiment prêt à tout quitter pour le « job de vos rêves », ou c’est justement un job de rêve parce que vous ne l’atteindrez jamais ? Avez-vous tenté l’expérience ?