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Le Canal des 2 mers à vélo, d’Agen à Toulouse

by Mali

C’était mon premier voyage solo à vélo, et ce ne sera sûrement pas le dernier. Il y a quelques semaines, j’ai parcouru sur plusieurs jours le Canal des deux mers à vélo d’Agen à Toulouse. 110 kilomètres répartis sur 4 jours durant lesquels je suis passée par autant d’états d’esprits que de types de conditions climatiques ! Cet article aborde donc aussi bien la question pratique, qu’une certaine découverte de moi-même dans un type de voyage que je ne connaissais pas auparavant. Il est aussi publié dans le cadre du RDV En France Aussi du mois de juillet avec le thème « Sur le rivage » décidé par Petites évasions grandes aventures.

Mon itinéraire sur le canal des deux mers

  • Départ à Agen, la petite ville qui a tout d’une grande

Mon itinéraire sur le canal des deux mers commence à Agen, que je ne connaissais pas du tout. En compagnie de Vincent, guide pour l’office de tourisme Destination Agen, j’ai pu en voir plus sur Agen et surtout découvrir un peu plus de son histoire.  Ce que j’ai aimé à Agen, c’est ce mélange entre l’ancien et le moderne.

Dans la vieille ville, on se sent ailleurs, à une autre époque. La rue des Cornières et ses halles sont très agréables, et la rue Beauville est sûrement parmi les plus photographiées tant elle appartient à une autre époque. Sa cathédrale, le musée, sa place des Laitiers, son pont-canal autant de témoignages du passé qui valent le coup d’oeil.

D’ailleurs, à Agen, on « fait le boul », en référence au boulevard piéton. Avenue vivante et commerçante d’Agen, le boulevard piéton illustre aussi sa modernisation. Avec l’avénement de la voiture à la fin du XIXème siècle, il a été décidé de créer cette avenue pour permettre de traverser Agen d’est en ouest. Depuis 2011, le boulevard est devenu piéton, et c’est un lieu de prédilection des Agenais.

Où manger à Agen ? Le Café Vélo. 

Situé à côté du Pont Canal, le Café Vélo est un lieu au top pour manger à Agen, mais aussi pour louer ou faire réparer votre vélo. L’accueil est convivial, l’ambiance du lieu chaleureuse, et on y mange bien avec des plats bio 🙂 Il est aussi possible d’y dormir en dortoir 12 places.

Où dormir à Agen ? Quand la Ville dort. 

Vous avez été très nombreux à réagir à mes publications Instagram sur la chambre d’hôtes Quand la Ville Dort… Il faut dire que le lieu est véritablement exceptionnel. Située dans le Coteau de l’Ermitage, Quand la Ville Dort est une maison noire et blanche à l’histoire singulière. Elle était en effet autrefois rouge et blanche, et lorsque les anciens propriétaires l’ont rachetée, ils ont voulu la repeindre en noir. Cependant, cela n’a pas été du goût de tous et ils ont été obligés d’en repeindre une partie en blanc, pour moins trancher. Si on vous parle de « la maison rouge » lorsque vous évoquez ce lieu, ne soyez pas étonnés !

 

 

C’est l’un des plus beaux lieux dans lesquels j’ai dormi. La piscine, les petites alcoves dans le jardin pour se reposer, la salle à manger en rotonde, les chambres décorées façon années folles… Vincent, le propriétaire, a merveilleusement personnalisé les lieux. J’ai aussi apprécié les nombreuses petites attentions auxquels il pense, comme cet ensemble bougie – sels de bain dans la salle de bain (et il me l’a confirmé, elle est souvent utilisée). Clairement, je me serais bien installée ici 🙂

  • J1 après-midi : direction Moissac, ville d’art et d’histoire ! 

Après mon repas au Café Vélo, je prends enfin la route sur le Canal des deux Mers. Aujourd’hui, je vais sortir du Lot-et-Garonne pour rejoindre le Tarn-et-Garonne. Je m’arrête beaucoup, je profite du paysage, je discute parfois avec des personnes croisées… Il fait beau, la vie est belle et le Canal des deux mers vraiment facile d’accès. Le Canal des deux mers est facile à suivre, c’est toujours tout droit (ou presque) sauf quand il faut passer certains ponts, et toujours tout plat (ou presque) sauf à quelques exceptions.

J’ai un vélo électrique, que je mets en mode éco, pas besoin de se presser… Et en fait, si. J’ai sous-estimé le temps qu’il me faudrait pour arriver à Moissac, où je dois visiter l’abbaye avant sa fermeture. Ma dernière heure de trajet se fait donc en mode Turbo et j’avoue que je suis arrivée complètement épuisée à Moissac (mais j’y suis arrivée). Je commence donc ma visite par son abbaye, classée monument historique et notamment son cloître dont j’ai particulièrement apprécié les nombreux chapiteaux romans. Sachant que Moissac est située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, c’est l’un des lieux très fréquentés de la ville.

 

Moissac est aussi la première ville du Tarn-et-Garonne, classée « Grand site Occitanie » et « Ville d’art et d’histoire ». C’est donc une belle ville à visiter située sur le Canal des deux mers. Pour ma part, j’ai emprunté le circuit art roman pour découvrir un peu plus la ville, et pu apprécier aussi ici de jolies ruelles, le vieux port, l’ambiance de fin de journée…

Où dormir et manger à Moissac ?

Pour cette halte, j’ai dormi au l’hôtel spa du Moulin de Moissac, un très bel endroit avec vue sur le Tarn (que j’ai admiré jusqu’au coucher du soleil). Les chambres sont très confortables et agréables, et souvent avec une belle vue. Je n’ai malheureusement pas pu profiter du spa à cause des conditions sanitaires. J’ai par contre profité de la terrasse et mangé sur place, en dégustant un verre de chasselas, la spécialité locale.

Son histoire est aussi singulière puisqu’elle remonte à 1474 après la guerre de Cent ans, lorsque les frères Viguier de Ricard décident de construire un moulin sur les ruines de celui qui a brûlé.  En fonctionnement jusqu’en 1916, il a été incendié lors de la première guerre mondiale, et ce n’est qu’en 1932 qu’il devient hôtel… avant de fermer en 1939 à cause de la seconde guerre mondiale. Mais il a fait bien plus, car il a abrité de nombreuses familles juives des nazis, grâce à la complicité de la population de Moissac. Après avoir été repris dans les années 70, il est depuis 23013 la propriété de Madame et Monsieur Dass-Arcole.

J2 matin : vers la pente d’eau de Montech

Après une belle nuit, je reprends la route sur le Canal des deux mers direction la pente d’eau de Montech. Je passe par le pont-canal de Moissac qui fait partie des plus longs de France, pied à terre. Même s’il y a la place pour rouler, avec les pavés, je préfère éviter, je ne tiens pas à tester « je suis tombée dans le canal avec mon vélo ». Cette fois-ci, je traîne moins, et je commence à mieux prendre mon rythme. Je passe d’écluses en écluses, tellement que je ne les compte plus ! J’arrive enfin sur le site de la pente d’eau.

Inaugurée en 1974, la pente d’eau est fermée depuis 2009. Il s’agissait en quelque sorte d’un « ascenseur à bateaux qui permettait de passer l’équivalent de 5 écluses en 20 minutes à la place d’une heure. Et au vu du nombre d’écluses sur le canal, c’était un gain de temps considérable. Lorsqu’un bateau s’engageait dans la pente, il était d’abord « poussé » par l’appareil pour la monter, puis sa descente était « amortie ». Aujourd’hui, une péniche sur place permet de comprendre le passé de la pente d’eau, au travers de petits ateliers, de panneaux, de courtes vidéos…

Pause à la guinguette Chez Gabriel

Je fais ma pause repas directement sur le canal des deux mers, à la guinguette Chez Gabriel qui occupe une ancienne maison d’éclusier. L’endroit est très agréable et on peut mettre son vélo dans leur « parking à vélos », tout en gardant un oeil dessus depuis sa place en terrasse. Depuis ma table, j’observe le canal, et le passage des oiseaux et rapaces. On y mange en plus très bien !

J2 après-midi : bienvenue à Montauban, ville d’Olympe de Gouges et de street-art

Après un peu de route, j’arrive à Montauban, une ville qui m’a beaucoup plu. Montauban est la ville dans laquelle est née Olympe de Gouges, et vous pourrez trouver de nombreux hommages à cette femme qui a joué un rôle essentiel pour les droits de la femme, notamment le théâtre Olympe de Gouges, mais aussi dans le street-art présent.

Il y a en effet beaucoup de street-art à Montauban, et un parcours à faire pour repérer des space invaders (spoiler : celui sur la place nationale n’y est plus suite à des fouilles sur place).

L’art est aussi au rendez-vous au musée Ingres qui rend hommage au célèbre peintre également né à Montauban. J’ai particulièrement aimé la salle qui donne un aperçu de la réappropriation de ses oeuvres dans la publicité, l’art moderne… Juste à côté, il y aussi l’église Saint-Jacques à voir avec sa très belle mosaïque en façade.

Où manger à Montauban ? Le bar à tapas Saint-Jacques.

Face à l’église du même nom, ce bar à tapas est idéal pour un moment décontracté. Les cocktails sont inventifs et délicieux et on peut faire son choix entre différents tapas. Pour en avoir goûté un petit nombre, ils étaient aussi à s’en lécher les doigts. Vraiment une belle ambiance et un bon moment !

Où dormir à Montauban ? L’hôtel du commerce.

J’ai passé la nuit dans une suite de l’Hôtel du Commerce sur le thème nordique et j’ai adoré la déco ! Comme vous vous en doutez en même temps. C’est franchement le genre de chambre que j’adorerais recréer chez moi, et les prestations sont de bonne qualité.

J3 matin : direction Toulouse et la Haute-Garonne

Pour cette troisième journée, j’ai profité d’un magnifique temps… pluvieux. En prenant la route, il fait gris, et je ne croise quasiment personne. J’avoue que je suis dans une humeur particulière, et la pluie qui se met à tomber n’arrange pas les choses. J’avais oublié de prendre le poncho et je suis trempée en deux minutes. Je n’ai donc pas pu tellement profiter du canal des deux mers côté Haute-Garonne mais je noterais tout de même des arbres sur tout le chemin, et la présence de nombreuses buses (j’adore).

Je fais un petit arrêt à Grenade-sur-Valence pour manger à La Récolata, en optant pour un délicieux burger maison et un café gourmand. Malheureusement, il pleut en continu et je n’ai même pas l’occasion de découvrir la ville qui est pourtant jolie.

J3 après-midi : escape game à vélo avec Paulette Bike à Toulouse

Tout le reste de mon voyage à vélo se fera sous la pluie, mais en arrivant à Toulouse en fin d’après-midi, le temps s’est un peu calmé et on me fait tester un concept au top : un escape game à vélo  « Enigm’à vélo » ! Avec un vélo fourni, vous allez devoir suivre votre carnet de bord et résoudre des énigmes grâce aux différents objets présents dans la sacoche (mini-miroir, coffre à déverrouiller…).

Bien en retard sur le timing, je n’ai pas pu faire tout l’escape game, mais j’ai beaucoup aimé et je vous recommande de tester si vous venez à Toulouse. Lorsque je reviendrai, je verrais pour le faire en entier, car même en connaissant peu la ville, les instructions se suivent assez facilement. Et je trouve ça sympa pour faire une visite insolite de la ville, surtout que le carnet fournit des informations sur les lieux que vous croisez.

Où dormir à Toulouse ? L’hôtel Albert 1er.

Situé dans le centre de Toulouse, l’hôtel Albert 1er est un bel hôtel 3 étoiles. Cet hôtel est Accueil Vélo depuis 2017 et il travaille beaucoup sur le slow tourisme. Les chambres sont modernes et confortables, et ils ont un système de garde de vélos… pour le moins insolite 🙂

Le petit-déjeuner est par ailleurs très complet et varié avec des produits locaux et issus du circuit court.

Mon avis sur le Canal des 2 mers à vélo d’Agen à Toulouse

J’ai beaucoup apprécié le canal des deux mers pour son accessibilité. C’est facile, plat, accessible pour tous et très verdoyant. Je ne me suis jamais sentie en insécurité, le fait d’avoir de l’eau à côté de soi rassure je pense. J’ai aimé aussi croiser de nombreux cyclotouristes, on se reconnait un peu « entre nous » (j’avais mes bagages avec moi).  Forcément, par contre, il n’y a pas de « vrais » paysages époustouflants. Comme on reste toujours à côté du canal, on reste beaucoup sur un même type de paysages sans que ce soit lassant. Au contraire, ça fait du bien de prendre un « bain de nature ».

Ce que j’ai moins aimé, c’est peut-être plus l’arrivée dans les villes, forcément ça perturbe un peu après le calme de la nature. Même si on suit la voie verte, il faut souvent la quitter à un moment pour arriver à son hébergement. J’ai aussi trouvé qu’il y avait peu de signalétique en général pour indiquer les villes importantes, les tronçons à venir, le kilométrage… Mais globalement, il y a eu très peu de points négatifs pour moi.

Côté Lot-et-Garonne : On quitte la ville d’Agen et j’ai trouvé que c’était une parcelle plus familiale, c’est une belle entrée en matière, il y a de la vie, des gens… C’est aussi une belle idée de sortie à faire depuis Agen finalement pour la journée.

Côté Tarn-et-Garonne : c’est une partie très verte du parcours, plus en dehors des villes donc plus tranquille avec un côté nature et reposant. A partir de Moissac, on croise beaucoup beaucoup d’écluses.

Côté Haute-Garonne : une partie un peu plus sauvage, avec beaucoup de grands arbres… Comme il pleuvait, je n’ai forcément pas pu en profiter comme je le voulais. L’arrivée à Toulouse se fait en longeant l’autoroute via une voie à part, et ça reste donc bien sécurisant.

Les hébergements sur le Canal des deux mers

Vous cherchez où dormir sur le Canal des deux mers, je vous recommande de choisir des hébergements labellisés « Accueil Vélo ». Il s’agit en effet d’hébergements situés à moins de 5 km d’un itinéraire de cyclotourisme, qui vous garantissent de trouver des services dédiés aux cyclotouristes.

Parmi les services d’un hébergement Accueil Vélo, le plus important pour moi a été la possibilité d’avoir un abri vélo. Je voyageais en effet avec un vélo électrique et il était impensable pour moi de laisser le vélo toute la nuit dehors. Et même si on a pas un vélo électrique, je sais que vous êtes nombreux à avoir des vélos qui coûtent quand même une belle somme et se le faire voler en plein voyage n’est jamais agréable. Tous les hébergements dans lesquels j’ai dormi sur le Canal des deux mers permettaient ainsi de laisser son vélo dans un abri sécurisé.

Merci à l’agence Airpur pour l’organisation de ce voyage presse, en partenariat avec le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne, ainsi qu’à tous les prestataires qui m’ont accueillie.

14 comments

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14 comments

eimelle 4 juillet 2021 - 22 h 17 min

bravo pour ce périple ! une belle destination !

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Mali 4 juillet 2021 - 23 h 18 min

Merci 🙂

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Martine Barbier 5 juillet 2021 - 9 h 32 min

Quelle belle aventure, au milieu d’une nature verdoyante, de belles découvertes à la clé, comme ces jolies villes ! Une belle expérience à tenter en effet !

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Mali 12 juillet 2021 - 12 h 41 min

Oui pour le coup, c’est verdoyant et ressourçant 🙂

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Cecile 5 juillet 2021 - 13 h 45 min

Bravo a toi qu’elle chouette aventure. 110 km ça n’est pas rien dit donc alors chapeau. L’aventure à vélo me tente de plus en plus. Merci pour cette belle balade.

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Mali 12 juillet 2021 - 12 h 41 min

Avec plaisir, n’hésite pas à te lancer au moins à la journée !

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Anne Landois-Favret 8 juillet 2021 - 12 h 12 min

Quelle jolie balade, j’aime bien également le concept d’escape game à vélo, je ne connaissais pas !

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Mali 12 juillet 2021 - 12 h 41 min

Merci, j’aimerais trop refaire ça oui !

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Paule-Elise 24 juillet 2021 - 12 h 59 min

Très sympa ce périple, je note quelques idées sur Montauban notamment ! Bravo pour ce premier voyage à vélo en solo !

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Mali 1 août 2021 - 13 h 20 min

Merci beaucoup 🙂

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Delphine 24 juillet 2021 - 20 h 30 min

Ca fait une sacrée balade à vélo ! J’imagine que malgré la fatigue de l’effort, le paysage nature et la présence de l’eau doivent être très apaisants. Merci pour les bonnes adresses, ça a l’air magnifique.

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Mali 1 août 2021 - 13 h 20 min

Oui effectivement, on se plaît à traîner et flâner 🙂

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