C’est fou ce que certains paysages peuvent devenir une part entière de notre vie. Comment, avec le temps, on peut tomber amoureux de lieux si éloignés de notre quotidien.

La montagne, j’ai commencé par la détester. Des randonnées en colonie trop difficiles, toujours à la traine, beaucoup d’efforts, aucun réconfort, je n’aimais pas la montagne. Pourtant, j’étais née au pays des volcans, mais je préférais largement mon Nord tout plat ou la mer. Même lorsque je skiais, elle ne me passionnait pas tellement.

J’ai commencé à changer lorsque je l’ai rencontré, lui, à Grenoble, comme je vous en ai parlé dans mon article sur mes plus belles randonnées. Il était passionné par les montagnes et la randonnée, ça m’a fait rêver, ça m’a donné envie de me surpasser, d’aller au devant de mes préjugés. J’ai randonné, je suis retournée skier, peu à peu, elle m’a séduite.

Bien sûr, c’est en déménageant en Auvergne que tout s’est concrétisé entre nous. Une de mes résolutions sportives en arrivant là-bas était de faire beaucoup de randonnées. Et je m’y suis tenue, un truc de fou, je crois que c’est la seule résolution sportive que j’ai tenu avec autant d’assiduité. Le problème, au fond, ça n’a jamais été la montagne, ça a été toutes les personnes qui ont voulu me l’imposer. On a voulu me forcer à skier, à randonner, sans tenir compte de mes envies, de mon niveau, sans rendre tout ça accessible et plaisant.

Le Puy Mary, j’aurais aimé le faire – Source

Toutes les semaines, des randonnées plus dingues les unes que les autres, le bonheur de progresser, de me voir évoluer, de pouvoir faire de plus en plus de randonnées avec dénivelé, surtout la première année, on peut dire que j’en ai bien profité. J’ai même appris à aimer de nouveau le ski en skiant au Lioran à plusieurs reprises.

 La montagne, aujourd’hui, je l’ai quittée pour revenir dans le Nord. Comme dirait le tristement célèbre Christopher Mac Candless « Happyness is only real when shared » et là-bas, je vivais dans un lieu fait pour moi mais j’étais tout de même assez seule malgré quelques amitiés dont une qui comptait beaucoup. Mais quand je parcours le blog de La Boucle Voyageuse qui découvre à son tour l’Auvergne, alors je sais que cette histoire n’est pas terminée et je réalise que la montagne me manque. L’espace d’un instant, je me rappelle combien la montagne peut nous inciter à oublier tout confort et combien c’est génial de profiter de tout ça. Bon sang, qu’est-ce que j’aimerais être encore en Auvergne ou en montagne rien qu’à écrire ces lignes <3