Aujourd’hui, je vais vous parler du stage découverte d’une semaine que j’ai fait à l’armée il y a maintenant pas mal d’années… parce que c’est une expérience que je recommande à tout le monde et qui m’aura laissée un sacré souvenir ! Eh oui, après tout, ce qu’il y a de commun entre le voyage et les expériences insolites, c’est cette volonté de découvrir, de se laisser surprendre, de se surpasser, et ce fut le cas.

 

Un stage découverte à l’armée, comment ça se passe ?

Aussi appelée « période militaire » ou « préparation » militaire, c’est un stage de 3 à 30 jours qui permet de vivre une véritable immersion dans l’armée. Un stage « normal » a une durée moyenne d’une semaine et va vous permettre de découvrir les aspects de la vie militaire. Les stages de perfectionnement durent jusqu’à un mois et permettent de découvrir un emploi spécifique de l’armée ou une branche en particulier.

 

Ces stages sont gratuits, tous les frais sont pris en charge, du transport à la nourriture. Vous devez remplir plusieurs conditions pour les profils qui n’ont pas le bac : avoir entre 16 et 30 ans, être de nationalité française, être apte médicalement parlant et avoir participé à la journée de préparation militaire. Avec tout ça, vous pouvez vous rendre à votre CIRFA pour vous renseigner, plus d’infos ici.

Si vous avez le bac, je pense que c’est encore possible mais de manière générale, c’est un stage à faire plutôt « jeune » car vous serez davantage prioritaire dans l’admissibilité.

Comment ça s’est passée ma préparation militaire ?

J’avais entendu parler du principe et je me suis renseignée parce que ça m’intéressait. Je n’ai jamais pensé à m’engager à l’armée mais j’aimais l’idée de découvrir de l’intérieur un univers dont on a tous un bon paquet d’idées. C’était un challenge à relever. Je suis allée au CIRFA et à l’époque, les préparations militaires longue durée (plusieurs semaines) étaient déjà complètes, on m’a donc proposé un stage dans l’infanterie militaire à Sarrebourg d’une semaine que j’ai accepté, je devais avoir 19 ans je crois ? Oui, ça remonte un peu.

Premier jour, on a fait la visite médicale, on reçoit du matériel militaire, chaussures militaires, treillis, cirage, la totale, car nous allons vraiment vivre cette semaine « comme des militaires ». On est installés dans des dortoirs, un pour les filles, un pour les garçons. Une journée typique se répartissait de manière assez classique, lever vers 6 heures, petit-déjeuner, activités en extérieur, journée qui finissait vers 20h-21h et il y avait les taches ménagères à faire tous les soirs, tout devait être nickel. Parmi nos activités, nous avons notamment fait :  cours de connaissances, parcours d’obstacles, initiation à la topographie, à la transmission radio, aux repérages, lancer de grenades, bivouac avec tours de grade (trop cool de se lever à 4h pour faire la garde jusque 6h… ou pas)…

Une salle typique de cours en école militaire

Parmi mes camarades, il y avait de tout, des personnes qui avaient le bac, d’autres qui avaient arrêté tôt l’école, des profils différents, dans l’ensemble, de bonnes ententes. C’était vraiment une expérience que j’ai adoré, moi la fille pas forcément super réactive qui n’aime pas se lever tôt, on se fait très vite au rythme militaire et aux exigences.

Ce que j’ai appris de l’armée là-bas

Je ne savais pas grand-chose de l’armée en allant à ce stage… et j’en suis repartie avec un regard différent. Le militaire a souvent l’image du mec pas très intelligent qui veut tirer sur tout ce qui bouge et qui « saute » sur tout ce qui passe (gros cliché inside). Mais l’armée, ce n’est pas que ça…

L’école militaire de Sarrebourg vue de haut

 –          Il y a de la solidarité : Si j’ai si bien suivi le rythme, c’est parce que concrètement, on est tous dans la même merde. Et surtout, si un élément échoue, c’est tout le groupe qui est sanctionné. Tout le monde est levé sauf Marcel ? Bien, tout le groupe fera trois tours du terrain en punition. Janine a mal mis son treillis, génial, c’est parti pour 10 séries de pompes. Forcément, dans ce genre d’ambiance, tu comprends vite qu’il faut s’aider, peu importe qu’on s’apprécie beaucoup ou peu.

 –          Il y a du sexisme… mais pas toujours : C’est sur qu’être une fille à l’armée est différent. Je me rappelle de cet officier qui à plusieurs reprises a remis en doute mes compétences, c’était pas méchant, mais il l’a reconnu lui-même quand je lui ai montré que j’avais bien fait l’exercice : désolé, j’ai fait mon macho. D’autres officiers ne sont pas toujours aussi sympas. A côté, entre compagnons de galère, on ne faisait pas de différence entre nous, je me suis déjà retrouvée en train de me  faire « habiller » limite par un mec parce que je me galérais, c’est aussi le côté solidaire qui nous pousse à penser efficacité et pas « oh je lui ai touché les seins ».

–          On doit obéir bêtement aux ordres… mais pas que : c’est l’un des aspects les moins appréciés et je ne peux que le confirmer. En école militaire, on doit faire les choses vite et sans réfléchir. On te dit d’aller à gauche et de faire trois tours sur toi-même, tu te tais, tu obéis. Cela s’explique par la « logique » militaire. En gros, à l’armée, si vous êtes intelligent, que vous avez fait des études que vous avez des diplômes, vous allez en école d’officiers, et vous serez parmi les gradés, ceux à qui on obéit sans réfléchir. Si vous n’avez pas de diplômes, pas de bac, vous resterez dans les moins gradés, dans ceux qui obéissent sans réfléchir.

Ça ne veut pas dire que quelqu’un qui n’a pas fait d’études ne peut pas devenir lieutenant et que les hauts gradés ne font pas d’erreurs mais l’armée n’est pas la solution de facilité pour avoir un job sans faire d’études même s’il y a beaucoup de possibilités professionnelles. Bref, sur le terrain, t’as pas forcément le temps de réfléchir, c’est ta vie que tu peux risquer, alors il faut agir vite… et « logiquement », celui qui te donne les ordres est plus compétent que toi, il faut donc l’écouter sans discuter.

Alors voilà, j’avais envie de parler de cette expérience parce que ce que j’ai dit ici, c’est ce que j’ai envie de dire quand je n’entends que du négatif sur les militaires. Sans aller dans le débat sur l’utilité de l’armée etc, c’est surtout que j’ai vécu une vraie expérience humaine toute en nuances, avec des absurdités, de la solidarité, du partage, des débats… et que je trouve intéressant de montrer un peu ce visage humain de l’armée. Que j’ai envie de dire « l’armée, ce n’est pas que tirer sur des gens et obéir à des ordres sans réfléchir », certes, il y a de ça, mais il y a bien plus encore 😉