Depuis toujours, les volcans me fascinent. Fut un temps, je voulais même devenir vulcanologue, c’est dire ! J’ai toujours aimé découvrir leurs mystères et j’ai adoré en savoir plus sur eux en Auvergne (notamment avec Vulcania, qui est un parc quand même vachement intéressant). Mon rêve du moment, ce serait d’ailleurs de pouvoir survoler en hélicoptère une éruption volcanique en Islande. Bref, quand Ange (dont je vous ai déjà parlé dans cet article sur la Corse) m’a parlé de son nouveau blog Trésors de Syracuse et qu’il m’a notamment parlé de sa randonnée sur l’Etna, j’ai tout de suite été fascinée… et c’est tout naturellement que je lui ai demandé de venir témoigner sur le blog ! En plus, il voyage avec sa femme et sa petite fille de deux ans et vous pourrez donc voir qu’il est tout à fait possible de monter sur l’Etna avec un enfant en bas âge 🙂 Mais je n’en dis pas plus…

Place à Ange ! 

La première fois que j’ai vu le volcan sicilien, c’était depuis un point de vue inattendu : sur une plage de Lidi Plaja, au coucher du soleil. En sortant de l’eau, j’ai levé les yeux en direction de Catane. Derrière la ville, le géant seprofilait comme un titanesque arrière-plan, dans un ciel orangé.

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Un volcan les pieds dans l’eau – ou presque

Quand vous débarquez à Catane (Catania, dans la langue locale), vous n’imaginez pas à quel point ce volcan peut être proche de la ville. En plus, l’Etna est encore actif ! Des dizaines de cratères déforment et développent son relief, au fil des décennies, avec des éruptions parfois plus violentes qui recouvrent Catane d’un voile de cendre et détruisent certaines installations. Dites-vous que près de l’Etna vivent aujourd’hui environ 500 000 habitants, si on confond les résidents de Catane, de Giardini Naxos et de Taormina… Une fois là-haut, avec une vue panoramique sur les cités siciliennes et la Méditerranée, on change de perspective. Je vous raconte.

En route pour le sommet de l’Etna

Avec ma femme, ma fille et ma mère (qui nous avait rejoints sur place), nous avons donc décidé de partir faire cette excursion incontournable : une marche au sommet du volcan. Avec ma petite Vanina, à peine 2 ans et demi, je craignais quand même de ne pas pouvoir profiter de l’expérience. Ce ne fut pas le cas. Il faut compter environ ¾ d’heure pour arriver jusqu’au parking, à mi-hauteur du volcan. Sur la route, nous avons marqué une courte halte pour ramasser de la pierre volcanique : le sol qui entoure le chemin se noircit progressivement, au fil des lacets.

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Attention : la température chute brutalement quand on monte, et le vent renforce la sensation de froid. Nous nous étions (heureusement) bien équipés pour enfiler jeans et sweats pardessus nos shorts et tee-shirts – à Catane, il faisait quand même 39°C ! Retour au parking : places payantes, ça commence bien.

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Et la suite fait mal au budget : environ 20€ par personne pour prendre le funiculaire – vue exceptionnelle incluse – puis, quand on croit être au sommet, on enchaîne avec 30€ par personne pour prendre un bus avec guide trilingue. Bim : déjà 50€ par tête, en moins de 30 minutes… J’ai vu des gens tenter la marche dans la terre cendrée, mais avec un enfant, c’est proscrit. Alors nous sommes montés dans le bus, sans oublier de prendre une photo depuis le promontoire incroyable qui s’offrait à nous.

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La grosse machine a cahoté dans la cendre jusqu’au bord des cratères fumants. 10 minutes de montée dans un paysage lunaire, poussiéreux, vaste, bref, un autre monde, entre mer et ciel. Dans le bus, ça s’extasiait en néerlandais, en espagnol, en français, en chinois, en allemand. Photos à travers les vitres de plastique. Là-haut Le meilleur était bien sûr pour là-haut. Le guide, très sympa, nous a demandé de le suivre en faisant attention à ne pas nous tordre les chevilles dans les graviers et la terre noire. Sur notre droite, à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau, l’un des pics de l’Etna se dressait déjà, immense. Puis nous sommes arrivés près d’un premier petit cratère, à peine éteint. De son bouchon, une fumée à plus de 200°C s’échappait par intermittences. Chose étrange, des blocs de neige tenaient encore sur les parois, recouverts partiellement d’une épaisse couche de cendre. Le vent glacial et claquant – j’allais l’oublier – nous obligeait à nous recroqueviller. Nous étions à ce moment-là sur la façade « inactive » : le guide nous avait dit qu’une double éruption était en cours de l’autre côté.

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Pendant 1h environ, nous avons déambulé dans un lieu unique, avec du bleu de partout, coupé par les masses noires du volcan et par notre sentier chaotique. Le temps de contempler la beauté de la Sicile, de laisser monter une vraie sensation de liberté et de prendre des photos magnifiques. Voyez vous-même…

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Eruption nocturne Au soir, pendant que je conduisais notre Lancia de location, à pleine vitesse (à la sicilienne ;)), sur la voie rapide entre Taormina et Catane, l’Etna nous a offert un spectacle nocturne saisissant : une éruption flamboyante sur l’une de ses faces, avec des coups de tonnerre étouffés… Des explosions de lave dans le ciel noir. Franchement, c’est à voir, à ressentir une fois dans sa vie.